
Le choix du lieu, les sujets de conversation et la question de l'addition sont traités dans nos 17 conseils pour le premier rendez-vous. Cette page ne répond qu'à une question : comment rentrer chez vous en bonne santé et l'esprit tranquille après avoir rencontré une personne connue sur internet. La réponse tient en quelques habitudes qui, mises bout à bout, forment un filet de sécurité. Aucune n'est compliquée, et la personne en face n'a même pas besoin de les remarquer.

Test rapide · 5 questions
Vérification sécurité avant la première rencontre
Cinq questions auxquelles vous devriez répondre oui avant une première rencontre. Chaque non est un point à régler.
- Avez-vous vu la personne en vidéo avant ?
- Vous retrouvez-vous dans un lieu public et animé ?
- Une personne de confiance sait-elle où vous êtes et quand vous comptez rentrer ?
- Avez-vous prévu vous-même l'aller et le retour ?
- La personne ignore-t-elle encore votre adresse ?
Avant le rendez-vous : cinq minutes de préparation
Un appel vidéo d'abord
Le moyen le plus simple d'éviter une mauvaise surprise est un court appel vidéo avant de se voir. Dix minutes suffisent pour vérifier que la personne correspond à ses photos, entendre sa voix et sentir si l'échange coule naturellement. Quelqu'un qui refuse à répétition a soit quelque chose à cacher, soit n'est pas prêt à se rencontrer ; dans les deux cas, vous pouvez attendre. Beaucoup de plateformes intègrent l'appel vidéo dans l'application, ce qui vous dispense de communiquer votre numéro de natel.
Vérifier le prénom sans espionner
Prénom, métier, commune : la personne vous les a généralement donnés elle-même. Une recherche rapide n'est pas de la méfiance, c'est de la prudence ordinaire. Existe-t-il bien quelqu'un de ce nom chez cet employeur, les photos et les indications concordent-elles ? Ne rien trouver n'a rien d'alarmant, bien des gens sont presque invisibles en ligne. Trouver quelque chose qui ne colle pas mérite en revanche une question lors de l'appel vidéo. La recherche inversée d'images est expliquée dans notre guide pour reconnaître les faux profils.
Prévenir une personne de confiance : qui, où, quand
Envoyez à une amie ou un ami trois éléments : une capture du profil, le lieu du rendez-vous et l'heure à laquelle vous donnerez des nouvelles au plus tard. Convenez d'un mot de code pour le cas où vous souhaiteriez être appelé ou récupéré (« Tu as pensé à sortir les poubelles ? »). Cela paraît beaucoup, mais c'est un message de trois lignes.
Partager sa position en direct
WhatsApp, Signal et Google Maps permettent de partager votre position en direct avec une personne pour une durée définie ; sur iPhone, l'application « Localiser » fait la même chose. Réglez le partage sur trois ou quatre heures, puis n'y pensez plus. Tinder propose une fonction dédiée, « Share My Date » : vous indiquez le lieu, la date et l'heure, et une personne de confiance reçoit un lien avec ces détails et le profil de votre rendez-vous. D'autres applications offrent des options comparables, jetez un œil aux réglages de la vôtre avant de partir.
Pendant le rendez-vous
Pour la rencontre elle-même, quelques règles reviennent dans les recommandations de l'ensemble des polices cantonales romandes et de la Prévention Suisse de la Criminalité.
- Un lieu public, de jour. Un café de vieille ville, une marche sur les quais d'Ouchy ou le long de la rade, le marché de la place des Halles à Neuchâtel, une terrasse du Grand-Pont à Sion. Des endroits fréquentés, que vous pouvez quitter à tout moment. Un bar le soir convient si vous vous êtes déjà vus en vidéo.
- Venir et repartir par vos propres moyens. Ne vous faites ni chercher ni raccompagner, même sous la pluie. Regardez avant l'heure du dernier train ou du dernier bus dans l'application CFF, ou gardez de quoi payer un taxi.
- Pas de domicile la première fois. Ni le vôtre ni le sien. À celui qui insiste (« J'adore cuisiner, venez plutôt chez moi »), un non aimable suffit. Un deuxième rendez-vous viendra bien assez tôt.
- Natel chargé, numéros à portée de main. Une batterie pleine ou une petite batterie externe, le 117 et le numéro de votre personne de confiance enregistrés.
- Alcool avec modération. Un verre de chasselas à l'apéro ne pose pas de problème. Vous devez rester en mesure de décider clairement, à tout moment, si vous restez ou si vous partez.
Un point souvent oublié : le changement de lieu improvisé. « On continue chez moi, j'ai une meilleure bouteille » paraît anodin et l'est le plus souvent. Pour un premier rendez-vous, le lieu reste pourtant celui que votre personne de confiance connaît. Si vous décidez de bouger, envoyez-lui la nouvelle adresse avant de partir.
GHB et autres substances dans le verre : reconnaître et réagir
Les substances dites « drogues du violeur », en allemand K.-o.-Tropfen, sont inodores et sans goût. Les informations du canton de Bâle-Ville décrivent leurs effets : d'abord souvent une sensation d'euphorie, puis des vertiges, des nausées, une somnolence, une perte de contrôle, des difficultés à bouger et des trous de mémoire. À dose plus forte, elles peuvent provoquer une perte de connaissance. Si, après un ou deux verres, vous vous sentez soudain beaucoup plus ivre que vous ne devriez l'être, prenez-le au sérieux.
Pour prévenir : commandez vos boissons vous-même au bar, ne laissez jamais votre verre sans surveillance, n'acceptez pas de verre déjà ouvert d'un inconnu et prévenez tout de suite le personnel ou votre entourage si vous vous sentez mal. Ne vous isolez pas.
En cas de doute : ces substances ne restent détectables que peu de temps dans l'organisme, douze heures au maximum selon le canton de Bâle-Ville. Appelez la police au 117 et rendez-vous le plus vite possible à l'hôpital. Ne vous douchez pas et ne changez pas de vêtements avant, ou emportez-les non lavés, afin que des traces puissent être prélevées. Si vous êtes trop faible pour vous déplacer, urinez dans un verre propre et placez-le au réfrigérateur, l'échantillon pourra être analysé plus tard. Vous pouvez faire prélever des traces et décider ensuite seulement de déposer plainte. Les frais d'examen et de prélèvement non couverts sont pris en charge par l'aide aux victimes.

Poser ses limites et respecter le consentement
Un premier rendez-vous n'engage à rien : ni à un deuxième verre, ni à une accolade, ni à un baiser, ni à rester jusqu'à l'heure convenue. Vous pouvez partir au bout de vingt minutes sans vous justifier. « Ça ne me correspond pas, je vais y aller » est une phrase complète. Celui qui répond par de l'insistance, des insultes ou des reproches ne fait que confirmer votre décision.
L'inverse vaut tout autant : demandez avant de vous rapprocher, et considérez une hésitation comme un non. Depuis la révision du droit pénal sexuel entrée en vigueur en juillet 2024, la Suisse applique expressément le principe « non, c'est non ». Le harcèlement sexuel, par des paroles ou des gestes, est réprimé par l'art. 198 CP et poursuivi sur plainte ; les atteintes plus graves relèvent d'autres dispositions. Si la personne a franchi une limite, aussi « mineure » qu'elle vous paraisse, vous pouvez le signaler à la police cantonale et consulter un centre LAVI, gratuitement et de façon anonyme si vous le souhaitez.
Après le rendez-vous
Donnez des nouvelles à votre personne de confiance dès votre retour, même si tout s'est bien passé. Votre adresse ne se communique qu'après plusieurs rencontres et une fois la confiance installée ; il en va de même pour votre lieu de travail. Si quelqu'un répond à un refus poli par des messages en continu, des appels ou des apparitions dans des endroits que vous avez mentionnés, bloquez le numéro, conservez les messages et signalez le profil à la plateforme. La plupart des applications suspendent rapidement ces comptes. Si le comportement persiste, il s'agit de harcèlement obsessionnel, et c'est à la police de s'en occuper.
Selon votre situation
Femmes
Les règles ci-dessus valent pour tout le monde, mais les femmes sont plus souvent exposées aux agressions et aux substances dans le verre. Deux compléments ont fait leurs preuves : choisissez pour la première rencontre un endroit où vous êtes déjà allée et dont vous connaissez le personnel, et partez au moindre malaise, sans attendre que la situation se précise. La politesse qu'on nous a enseignée est une mauvaise conseillère dans ces moments-là.
Hommes
Les hommes ont tendance à sous-estimer le risque, et les auteurs le savent. Deux schémas reviennent. Le premier est la sextorsion : un profil séduisant insiste, avant même la rencontre, pour un appel vidéo intime qui est enregistré, puis vient le chantage. Le second est le faux rendez-vous : la rencontre est déplacée vers un endroit isolé ou, tard le soir, dans un appartement où le « rendez-vous » n'est pas seul. L'objectif est l'argent liquide, la montre, le téléphone ou un paiement Twint forcé. Les deux schémas échouent face aux mêmes règles : appel vidéo au préalable, lieu public, pas de domicile, pas de changement de lieu à la dernière minute.
Après 50 ans et chez les seniors
Qui recommence à chercher après un divorce ou un veuvage apporte souvent plus de confiance et plus de patrimoine, une combinaison qui attire les escrocs. Une étude de Pro Senectute publiée en 2023 montre que 78,2 % des personnes de plus de 55 ans ont été confrontées à au moins une tentative d'escroquerie au cours des cinq années précédentes, et qu'environ une sur cinq y a perdu de l'argent. Pour le premier rendez-vous, cela signifie les mêmes règles que pour tout le monde, avec trois ajouts. Premièrement, ne rencontrez personne à qui vous n'avez pas parlé en vidéo. Deuxièmement, pas d'argent, pas de caution, pas d'avance « pour dépanner », même après plusieurs rencontres. Troisièmement, parlez de cette relation à quelqu'un de votre entourage avant qu'elle ne devienne sérieuse. Les plateformes au public posé, avec appel vidéo intégré, sont présentées dans notre sélection des sites de rencontre après 50 ans.
Où s'adresser en Suisse romande
Les numéros 117, 144 et 143 sont les mêmes dans toute la Suisse. Les polices cantonales de Vaud, Genève, Fribourg, Neuchâtel, du Valais et du Jura reçoivent les plaintes dans chaque poste, et chaque canton dispose d'au moins un centre de consultation LAVI. Pour une rencontre au Tessin ou en Suisse alémanique, les mêmes principes s'appliquent.
Aide et signalement
- Police : 117, en cas de menace, d'agression ou de soupçon de substance dans le verre.
- Urgences sanitaires : 144, en cas d'urgence médicale.
- La Main Tendue : 143, 24h/24, anonyme, également par chat sur 143.ch.
- Aide aux victimes LAVI : consultation gratuite et confidentielle après une agression, ouverte aussi aux proches, centres de chaque canton sur aide-aux-victimes.ch, numéro national 142 (ce n'est pas un numéro d'urgence).
- cybercrimepolice.ch : formulaire de signalement des polices suisses pour le chantage et la fraude en ligne sur cybercrimepolice.ch/fr/.
- Office fédéral de la cybersécurité OFCS : formulaire de signalement sur bacs.admin.ch.
- Canton de Bâle-Ville : fiche d'information sur les substances dans le verre (en allemand) sur bs.ch.
Retrouvez l'ensemble de nos guides dans la rubrique Rencontres en sécurité.
Questions fréquentes sur la sécurité du premier rendez-vous
Quel est le meilleur endroit pour un premier rendez-vous en sécurité ?
Un lieu public et fréquenté, de jour : un café, les quais, un marché. L'essentiel est de pouvoir partir seul et à tout moment.
Puis-je accepter qu'on vienne me chercher ?
Pas pour une première rencontre. Venir et repartir par vos propres moyens est la règle de sécurité la plus simple, parce que vous ne dépendez jamais de l'autre personne.
Comment partager ma position pendant le rendez-vous ?
Avec la position en direct de WhatsApp, Signal ou Google Maps, ou l'application « Localiser » sur iPhone. Sur Tinder, la fonction « Share My Date » envoie lieu, heure et profil de votre rendez-vous à une personne de confiance.
Que faire si je soupçonne une substance dans mon verre ?
Prévenir immédiatement le personnel ou un proche, appeler le 117 et aller à l'hôpital. Ne pas se doucher, ne pas changer de vêtements. Les substances ne sont détectables que douze heures au maximum.
Ai-je le droit d'écourter un rendez-vous ?
Oui, à tout moment et sans justification. Une phrase courte et polie suffit. Celui qui réagit par la pression confirme votre décision.
Sources
- Canton de Bâle-Ville, bs.ch, « Informationen zu K.O.-Tropfen » (en allemand) : symptômes, fenêtre de détection de douze heures, conduite à tenir, prévention, prise en charge des frais par l'aide aux victimes, consulté en octobre 2026.
- Pro Senectute Suisse, étude sur les escroqueries visant les seniors (octobre 2023, relayée par la SRF le 02.10.2023) : 78,2 % des plus de 55 ans confrontés à une tentative, environ 20 % avec une perte financière, consulté en octobre 2026.
- Prévention Suisse de la Criminalité PSC, skppsc.ch/fr : recommandations sur les rencontres en ligne, l'escroquerie sentimentale et la sécurité lors d'une rencontre, consulté en octobre 2026.
- Centre d'aide Tinder, articles sur « Share My Date » et la vérification des photos, consulté en octobre 2026.
- Code pénal suisse (RS 311.0, fedlex.admin.ch) : art. 198 harcèlement sexuel, révision du droit pénal sexuel au 01.07.2024, consulté en octobre 2026.
- Aide aux victimes Suisse, opferhilfe-schweiz.ch/fr : centres de consultation LAVI, numéro national 142, consulté en octobre 2026.